Sentiweb - le site du Réseau Sentinelles   INSERM U707 Université Pierre et Marie Curie - Paris 6 Institut National de veille Sanitaire
France
Espace Médecin
GrippeNet.fr
Participez vous-même à la surveillance de la grippe

Vous êtes enceinte ?
Participez à G-GrippeNet.fr et aidez-nous à mieux comprendre la grippe chez la femme enceinte

Certifications

Etudes ponctuelles

Sélection par année
 OU 
Sélection par thème

Etudes en cours

Druti

Infections urinaires à bactéries résistantes aux antibiotiques diagnostiquées en médecine générale : estimation d’incidence, identification des facteurs associés et évaluation socio-économique, étude menée en médecine générale en France métropolitaine

Contact
Si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter.

Contexte : Les infections urinaires (IU) sont un motif de consultation fréquent en médecine générale. La résistance nationale aux antibiotiques en milieu communautaire reste peu connue. Les objectifs de l’étude étaient  d’estimer l’incidence nationale des femmes consultant en médecine générale pour IU à entérobactéries résistantes aux antibiotiques et d’identifier les facteurs associés.

Méthode : Etude transversale avec un plan d’échantillonnage à deux degrés auprès de médecins généralistes répartis sur toute la France incluant toute femme non institutionnalisée consultant pour IU. Les examens cytobactériologiques des urines systématiquement réalisés ont été centralisés. Les estimations d’incidence et de proportions, et  les analyses des facteurs associés ont été calculées avec le plan de sondage.

Résultats 

Le taux d'incidence annuelle des infections urinaires présumées en médecine générale a été estimé à 3 200 pour 100 000 femmes de 18 ans et plus en France [IC 95%: 2 400-4 000], avec un taux d'incidence annuelle des infections urinaires confirmées (ECBU positif) à 2 400 pour 100 000 femmes de 18 ans et plus [IC 95%: 1 800-3 000], des infections urinaires à E. coli à 2 000 pour 100 000 femmes de 18 ans et plus [IC 95%: 1 500-2 500], des infections urinaires à E. coli résistant aux fluoroquinolones à 102 pour 100 000 femmes de 18 ans et plus [IC 95%: 75-129]. Parmi les souches d’E. coli isolées, la résistance (I + R) était élevée pour l'amoxicilline (38%) et le cotrimoxazole (18,1%). La résistance à la ciprofloxacine et à la céfotaxime était faible (1,9%). Seules six E. coli producteurs de β-lactamase à spectre étendu ont été trouvées (1,6%).

Parmi les femmes consultant en médecine générale, les facteurs associés aux infections urinaires à entérobactérie multirésistante étaient l'utilisation de pénicilline par la patiente au cours des trois derniers mois (odds ratio (OR) = 3,1; [1,2 - 8,0]), l’hébergement d’un résident d'un pays à haut risque de résistance aux antibiotiques dans les douze mois précédents l’épisode d’infection urinaire (OR = 4,0; [1,2 - 15,1]), et la consommation de viande crue dans les trois derniers mois (OR = 0,3; [0,1 - 0,9]). En revanche, les analyses n’ont pas retrouvé certains facteurs connus comme l’antécédent d’hospitalisation, les antécédents d’infections urinaires ou les voyages personnels.

Conclusion : Même si les proportions de résistance retrouvées dans cette étude sont plus faibles qu’en milieu hospitalier ou dans les données de surveillance passive, des E. coli producteurs de beta lactamse à spectre étendu ont pu être identifiées. Les facteurs associés soulignent le rôle de l’environnement dans  l’antibiorésistance.


Les études ancillaires de Druti

Mathilde Cordier, chef de clinique des Universités dans le département de médecine générale de l'UVSQ, a souteny en 2014 son master d'épidémiologie sur l'évaluation du coût des IU. En résumé, les coûts moyen et médian de prise en charge d’une IU étaient de 69,73 euros et 37,74 euros par patiente, respectivement. En France métropolitaine, le coût sociétal s’élevait à 58 millions d’euros, dont 29 millions d’euros à la charge de la sécurité sociale.

Trois internes de médecine générale ont commencé un travail de thèse sur les données de l'étude Druti. Leur travail portera sur i/ la prise en charge des infections urinaires en médecine générale, ii/ les tests diagnostiques et le pari du médecin et iii/ les facteurs prédictifs de guérison. Ces thèses devraient être soutenues en 2015 / 2016.

Un grand merci à tous les médecins Sentinelles qui ont participé à cette étude !


Publications :
  • publication.png Rossignol L, Maugat S, Blake A, Vaux S, Heym B, Le Strat Y, Kernéis S, Blanchon T, Coignard B, Hanslik T. Risk factors for resistance in urinary tract infections in women in general practice: A cross-sectional survey. J Infect. 2015. 71(3):302-11. PubMed
  • publication.png Rossignol L, Vaux S, Maugat S, Blake A, Barlier R, Heym B, Le Strat Y, Blanchon T, Hanslik T, Coignard B. Incidence of urinary tract infections and antibiotic resistance in the outpatient setting: a cross-sectional study. Infection. 2016. :. PubMed
  • publication.png François M, Hanslik T, Dervaux B, Le Strat Y, Souty C, Vaux S, Maugat S, Rondet C, Sarazin M, Heym B, Coignard B, Rossignol L. The economic burden of urinary tract infections in women visiting general practices in France: a cross-sectional survey. BMC Health Serv Res. 2016. 16:365. PubMed

GrippeNet.fr

Surveillance des syndromes grippaux en population générale, par Internet.

Contact : contact@grippenet.fr

Contexte
Depuis le 25 janvier 2012, un nouveau système d’information sur la grippe, GrippeNet.fr, a été lancé par l’équipe du réseau Sentinelles et l’Institut de Veille Sanitaire. Ce système de surveillance a pour objectif de recueillir directement auprès de la population française des données épidémiologiques sur la grippe, grâce à Internet. Il s’agit d’une expérimentation basée sur la participation des internautes au sein de la population. Les données recueillies par GrippeNet.fr ne pourront pas remplacer les informations validées par les professionnels de santé du Réseau Unifié. En revanche, elles pourront apporter des informations complémentaires, notamment sur les personnes qui ne consultent pas leur médecin généraliste. Grippenet.fr s’intègre dans un plus vaste dispositif européen de surveillance du syndrome grippal, Influenzanet. Le projet a obtenu un vif intérêt aux Pays-Bas où plus de 25 000 personnes se sont inscrites dès la première saison, et où plus de 50 000 personnes ont participé au suivi durant au moins une saison, soit 0,30 % de la population du pays. La Belgique, l'Espagne, l'Italie, le Portugal, le Royaume-Uni, et la Suède participent également à cette surveillance et se sont dotés d'un dispositif semblable à GrippeNet.fr. Le Danemark et l'Irlande rejoignent cette année le projet Influenzanet. Actuellement, plus de 32 000 européens participent à la surveillance.

Objectifs
Principal : Evaluer la faisabilité et la fiabilité de cette méthode de surveillance.
Secondaire : Décrire la population de volontaires participant à la surveillance et évaluer sa représentativité. Estimer l’incidence de la grippe et évaluer la qualité des données. Mener des études de cohorte spécifiques à la surveillance de la grippe dans un groupe de population donné. Contribuer à l’étude de la dispersion de la grippe dans une perspective européenne.

Méthode
Inscription des participants (personnes majeures résidant en France métropolitaine) sur le site www.grippenet.fr. Les participants à cette étude sont invités à répondre chaque semaine à un questionnaire électronique portant sur les symptômes qu'ils ont eus depuis leur dernière connexion. Une fois la première connexion effectuée, le temps de remplissage du questionnaire hebdomadaire ne prend pas plus de 5 minutes. Les données recueillies sont analysées en temps réel et comparées aux données de référence du réseau Sentinelles.

Période de l'étude : le site GrippeNet.fr est actif depuis le 25 janvier 2012. La première année du projet correspond à une phase de faisabilité.

Régions : toutes les régions de France métropolitaine. Les zones d’Outre-Mer devraient être prochainement inclues dans l’étude.

 

Les études ancillaires de GrippeNet.fr

  • EVAG : Evaluation de l’acceptabilité du vaccin contre la grippe saisonnière par la population française, trois ans après la pandémie de grippe A(H1N1)2009

    Contexte : La gestion de la vaccination lors de la pandémie grippale de 2009 semble avoir influé fortement le regard porté sur la vaccination contre la grippe par les Français.

    Objectif :  Evaluer  l’acceptabilité  du  vaccin  antigrippal  saisonnier  dans  la  population  générale  et  déterminer  les facteurs associés à une opinion neutre ou négative vis-à-vis de ce vaccin.

    Méthode :  Une  étude  ancillaire  transversale  a  été  réalisée à  partir  des  données  recueillies  auprès  des  6  059
    participants à la saison 2012-2013 de l’étude GrippeNet.fr.

    Résultats : en cours d'analyse

  • Recours aux soins de santé

    Contexte : La grippe et la gastro-entérite sont deux maladies très surveillées. L’estimation de leur activité ne se fait aujourd’hui que sur la déclaration de professionnels de santé. L’absence de recours aux soins chez des patients malades induit une sous-estimation de cet estimateur.

    Objectif : Identifier les déterminants du recours aux soins en population générale des personnes présentant des symptômes de grippe et de gastro-entérite.

    Méthode : Etude ancillaire de GrippeNet.fr incluant les personnes ayant rapporté des symptômes de grippe et de gastro-entérite. Description du recours aux soins, et analyses univariées puis multivariées par régression logistique stratifiée sur l'âge et le sexe pour déterminer les variables explicatives de ce recours : variables socio-démographiques, accès aux soins, état de santé, symptômes et comportements associés.

    Résultats attendus : Estimation de la prévalence du recours aux soins en cas de grippe et de gastro-entérite, et explication de l’absence du recours.

    Période de l'étude : janvier - juin 2015

  • G-GRIPPENET : évaluation  de l’incidence  des  syndromes  grippaux,  de  la  couverture  vaccinale  et  de  l’efficacité  du  vaccin contre la grippe chez les femmes enceintes françaises

    Contexte : Les données disponibles suggèrent que la vaccination antigrippale est efficace pour prévenir les  syndromes  grippaux  chez  les  mères  pendant  la  grossesse  d’une  part,  et  les  grippes confirmées virologiquement chez les nourrissons dans leurs six premiers mois de vie  d’autre part.  Cette  vaccination  est  recommandée  depuis  2012  en  France  chez  toutes  les  femmes enceintes, cependant l’application de cette recommandation n’a jamais été évaluée.

    Objectif : G-GrippeNet  propose  d’utiliser  un  outil  de  surveillance  épidémiologique  innovant,  GrippeNet.fr, pour  estimer  (i)  l’incidence  des  syndromes  grippaux  chez  les  femmes  enceintes,  (ii)  la couverture  vaccinale  et  (iii)  l’efficacité  du  vaccin  anti-grippal  dans  cette  population.

    Méthode : G-GrippeNet est la première utilisation de l'outil GrippeNet.fr dans un population particulière. Un  volet  spécialement  dédié  à  la  population  des femmes enceintes sera développé dans GrippeNet.fr. Celles-ci seront suivies pendant toute leur grossesse jusqu’à l’accouchement.

    Résultats attendus : Ce  projet  permettra  de  mieux  identifier  les  facteurs prédictifs  de  non  vaccination,  afin  de  cibler  les  stratégies  visant  à  améliorer  la  couverture vaccinale chez les femmes enceintes, population à risque de complications et ciblées par les recommandations nationales de vaccination antigrippale.

    Période de l'étude : saison 2014-2015


Publications :
  • publication.png Debin M, Turbelin C, Blanchon T, Bonmarin I, Falchi A, Hanslik T, Levy-Bruhl D, Poletto C, Colizza V. Evaluating the feasibility and participants' representativeness of an online nationwide surveillance system for influenza in france. PLoS One. 2013. 8(9):e73675. PubMed
  • publication.png Paolotti D, Carnahan A, Colizza V, Eames K, Edmunds J, Gomes G, Koppeschaar C, Rehn M, Smallenburg R, Turbelin C, Van Noort S, Vespignani A. Web-based participatory surveillance of infectious diseases: the Influenzanet participatory surveillance experience. Clin Microbiol Infect. 2014. 20(1):17-21. PubMed
  • publication.png Debin M, Colizza V, Blanchon T, Hanslik T, Turbelin C, Falchi A. Effectiveness of 2012-2013 influenza vaccine against influenza-like illness in general population: estimation in a French web-based cohort. Hum Vaccin Immunother. 2014. 10(3):536-43. PubMed
  • publication.png Bajardi P, Vespignani A, Funk S, Eames KT, Edmunds WJ, Turbelin C, Debin M, Colizza V, Smallenburg R, Koppeschaar CE, Franco AO, Faustino V, Carnahan A, Rehn M, Paolotti D. Determinants of follow-up participation in the internet-based European influenza surveillance platform influenzanet. J Med Internet Res. 2014. 16(3):e78. PubMed
  • publication.png Boiron K, Sarazin M, Debin M, Raude J, Rossignol L, Guerrisi C, Odinkemelu D, Hanslik T, Colizza V, Blanchon T. Opinion about seasonal influenza vaccination among the general population 3 years after the A(H1N1)pdm2009 influenza pandemic. Vaccine. 2015. 33(48):6849-54. PubMed
  • publication.png Loubet P, Guerrisi C, Turbelin C, Blondel B, Launay O, Bardou M, Blanchon T, Bonmarin I, Goffinet F, Ancel PY, Colizza V, Hanslik T, Kernéis S. First nationwide web-based surveillance system for influenza-like illness in pregnant women: participation and representativeness of the French G-GrippeNet cohort. BMC Public Health. 2016. 16(1):253. PubMed
  • publication.png Loubet P, Guerrisi C, Turbelin C, Blondel B, Launay O, Bardou M, Goffinet F, Colizza V, Hanslik T, Kernéis S, GGNET study group. Influenza during pregnancy: Incidence, vaccination coverage and attitudes toward vaccination in the French web-based cohort G-GrippeNet. Vaccine. 2016. 34(20):2390-6. PubMed
  • publication.png Guerrisi C, Turbelin C, Blanchon T, Hanslik T, Bonmarin I, Levy-Bruhl D, Perrotta D, Paolotti D, Smallenburg R, Koppeschaar C, Franco AO, Mexia R, Edmunds WJ, Sile B, Pebody R, van Straten E, Meloni S, Moreno Y, Duggan J, Kjelsø C, Colizza, V. Participatory Syndromic Surveillance of Influenza in Europe. J Infect Dis. 2016. 214:S386-S392. PubMed

Héraclès

Surveillance de la souffrance psychique liée au travail par les médecins généralistes en région Nord-Pas-de-Calais

Contact: mathieu.riviere@iplesp.upmc.fr

Contexte

La souffrance psychique liée au travail est un problème de santé publique. Le souhait formulé par le Ministre du travail de disposer sur les risques psychosociaux d’un système de suivi, notamment statistique, pertinent et efficace, est très largement partagé (rapport Gollac 2011). La santé psychique liée au travail est peu documentée, ne permettant pas de mettre en oeuvre des stratégies adaptées au niveau régional. De plus, en France, très peu d'études sur cette thématique ont été réalisée en médecine générale, alors que le médecin généraliste est souvent le professionnel de premier recours des personnes ayant des difficultés psychologiques en lien avec le travail. L'étude Héraclès permet d'apporter un nouvel éclairage sur cet important problème de santé publique

Objectifs

L’objectif principal de ce travail de thèse est de mesurer la prévalence des cas de souffrance psychique liée au travail en consultation de médecine générale.

Les objectifs secondaires sont:
* de décrire les troubles psychiques des patients rapportant une souffrance psychique liée au travail ;
* d’étudier les facteurs associés à la souffrance psychique (facteurs sociodémographiques et caractéristiques du travail);
* d'étudier la réponse apportée par le médecin généraliste en cas de trouble psychique dans ce cadre et identifier les difficultés qui peuvent se poser.

Méthodes

Etude épidémiologique transversale estimant la prévalence des troubles psychiques en lien avec le travail vus en consultation de médecine générale dans la région Nord-Pas-de-Calais. L'étude s’est déroulée sur la région Nord-Pas-de-Calais d’avril à aout 2014. Un recrutement aléatoire a été effectué. Un questionnaire administré par le médecin pour chaque patient a recueilli des données sur : la présence d’un trouble mental fréquent (objectivé par l’entretien diagnostique standardisé MINI), le lien au travail (défini par le médecin qui répondait positivement à la question suivante : « …, si un trouble psychique était mis en évidence, diriez-vous qu’il est au moins en partie lié à son travail ? »), les caractéristiques sociodémographiques et du travail

Premiers résultats:

Au total, 2 019 patients majeurs actifs ont été inclus par 121 médecins généralistes de la région Nord-Pas-de-Calais. Dans cet échantillon, la prévalence de la souffrance psychique liée au travail était de 25,6% (souffrance objectivée à l’aide de l’outil diagnostique MINI). Les troubles les plus fréquents étaient : l’anxiété généralisée (18,2%), la dépression majeure (13,9%), le risque suicidaire (8,8%) et la consommation excessive d’alcool (5,5%). Le sexe, l’âge et la catégorie professionnelle étaient associé avec la souffrance psychique objectivée par le MINI. Les prévalences étaient plus importantes pour les sujets qui consultaient leur médecin pour un motif psychologique.
Les facteurs sociodémographiques et les caractéristiques du travail associés à la souffrance psychique seront étudiés par une analyse univariée puis multivariée.
 

Ce travail permettra d’améliorer les connaissances sur cette thématique, dans le but de faciliter la prise en charge de ces patients et d’élaborer des stratégies de prévention.

IRIIS

Prévalence des virus influenza dans les selles des patients consultant pour un syndrome grippal et  identification des facteurs de risque cliniques et sociodémographiques associés. Etude multicentrique.

Contact : Si vous avez des questions n'hésitez pas à nous contacter.

Contexte

Bien que chez l’Homme, les virus influenza (VI) se répliquent principalement au niveau des voies supérieures et inférieures du système respiratoire [1], des troubles gastro-intestinaux (GI)  tels que les diarrhées aiguës, les douleurs abdominales, les nausées et les vomissements, sont parfois observés, particulièrement en début d’infection [2].

De nombreuses études ont décrit, pour les patients infectés par le virus Influenza A(H5N1), des charges virales très élevées au niveau des selles et démontré sa capacité à se multiplier au niveau des cellules intestinales [3]. Mais à ce jour, le rôle des virus Influenza saisonniers A (A(H1N1), A(H3N2) et A(H1N1)pdm2009) et B est peu connu au niveau du tube digestif et dans le développement des symptômes GI [2].

La présence de ces virus dans les selles des patients présentant un syndrome grippal (SG), décrite par quelques études, soulève la question d’une possible infection du tube digestif et, par conséquent, d’une possible transmission fécale-orale de ces virus.

Etudier les différentes étapes menant jusqu’à l’excrétion du virus Influenza au niveau des selles chez l’Homme pourrait apporter des éléments de réponse essentiels pour le contrôle et la gestion des épidémies de grippe et de gastro-entérite.

Objectifs
* Estimation de la prévalence des cas de grippes confirmées présentant du virus Influenza au niveau des selles, consultant en médecine générale, pédiatrie et aux urgences hospitalières.
* Détermination des facteurs de risques cliniques et sociodémographiques associés.
* Estimation de la survie des virus Influenza excrétés au niveau des selles et leur potentiel infectieux au niveau des cellules intestinales.
* Recherche de variants génétiques pouvant expliquer ce phénomène.

Méthodes

Etude de la prévalence sera réalisée grâce aux résultats des analyses virologiques des prélèvements nasopharyngés et de selles des patients, inclus dans l'étude, présentant  un SG de moins de 48 heures selon la définition de l’ECDC : Apparition soudaine des symptômes : fièvre ou frissons ou fatigue/épuisement ou mal de tête ou douleurs musculaires/articulaires ET toux ou mal de gorge ou essoufflement et consultant leur médecin généraliste, pédiatre ou les urgences hospitalières.

Une étude de type « test negative design » sera réalisée pour déterminer les facteurs de risque cliniques et sociodémographiques pouvant influer sur la présence des virus Influenza au niveau des selles.

Une approche in vitro sera mise en place en collaboration avec l’Unité EPVO (Institut Pasteur, Paris). Ce module permettra de tester la possible implication de la muqueuse intestinale humaine aux virus grippaux, à partir des échantillons de terrain collectés.

La mise en évidence de potentiels variants entre les virus Influenza détecté sera réalisée via le séquençage complet du génome des virus typés et sous typés. Cela permettra de mettre en évidence l’éventuel effet de certaines mutations sur les interactions virus-cellules étudiées.

Résultats

La collecte des données est actuellement en cours, nous vous tiendrons au courant des résultats dès que possible.

Si vous êtes médecins généralistes, ou pédiatres et que ce projet vous interesse, n'hésitez pas à nous contacter.

Un grand merci à tous les médecins Sentinelles qui participent à cette étude !


Publications :
  • publication.png Minodier L, Charrel RN, Ceccaldi PE, van der Werf S, Blanchon T, Hanslik T, Falchi A. Prevalence of gastrointestinal symptoms in patients with influenza, clinical significance, and pathophysiology of human influenza viruses in faecal samples: what do we know? Virol J. 2015. 12(1):215. PubMed

Socmed : Validation d'un score social en médecine générale

Contexte
La lutte contre les inégalités sociales de santé est une priorité de santé publique et des politiques de santé. Les professionnels de soins primaires – et en particulier les   médecins généralistes –contribuent à la réduction de ces inégalités. Le pré-requis nécessaire est la connaissance, par les médecins généralistes, de la situation sociale de leurs patients et leur capacité à détecter leurs éventuelles vulnérabilités. Le repérage en soins primaires de ces situations de façon systématique n’est pas toujours facile. Il n’existe, en France, aucun outil validé qui permettrait de le faire. Des scores sociaux individuels sont utilisés en sociologie ou en économie mais sont peu adaptés à la pratique médicale. A partir de travaux passés conduits par l’équipe de recherche en épidémiologie sociale (ERES) de l'Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et Santé Publique (UMRS 1136, Inserm - Sorbonne Universités UPMC), un score individuel composé de 13 questions simples a été construit. Ce score, dont la validité interne a été évaluée et confirmée sur différentes populations et patientèles, n’a pas encore été évalué en médecine générale.

Objectifs
Les objectifs de cette étude sont de valider ce score en externe et contre critère et d’évaluer son acceptabilité par les médecins généralistes et leurs patients.

Méthodes

Enquête transversale auprès d’un échantillon de médecins généralistes du réseau Sentinelles et de leurs patients. Lors de l’étude, chaque médecin généraliste inclura 10 patients.

Résultats

Un appel à participation a été lancé auprès des médecins sentinelles fin juin 2016. Le recueil a été conduit à la rentrée de Septembre 2016. Au total, 94 médecins ont accepté de participer (sur les 101 portés volontaires initialement, soit 93%) et 79 ont effectivement retourné au moins un questionnaire patient. Sur les 1000 questionnaires patients attendus, 720 complets sont exploitables dont 680 pour le test-retest et la validation contre un autre score. Les analyses sont en cours. En fonction des résultats, une nouvelle enquête qualitative pourrait être menée afin de mettre en évidence les limites et points forts de ce score.

Perspectives
La construction d’un score simple, valide et acceptable en médecine générale permettra de disposer d’un outil utilisable dans la pratique médicale (et en recherche en médecine générale) pour améliorer la connaissance de la situation sociale des patients, la détection de patients vulnérables et la surveillance des inégalités sociales de santé en médecine générale.

Contact : Si vous avez des questions, n'hésitez pas à nous contacter ici.

VIH-MG

Etude VIH-MG

Prévalence des facteurs de risque d’acquisition du VIH et des situations cliniques amenant à rechercher une infection par le VIH en médecine générale en Ile-de-France.
Etude préliminaire à un projet ANRS (Agence Nationale de Recherche sur le Sida et les hépatites).

Rationnel

L’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH) demeure un problème de santé publique en France avec 6 600 nouveaux diagnostics de séropositivité en 2014 (chiffre stable depuis 2007).  Pourtant, on estime que 29 000 personnes en France sont porteuses du VIH sans le savoir , .
Le dépistage de l’infection VIH peut être fait à la demande du médecin ou du patient lui-même. Ce dépistage est souvent réalisé en se basant sur des critères cliniques et/ou d’exposition à des risques sexuels et/ou des critères sociodémographiques : on parle de dépistage ciblé ou orienté.
Plusieurs études montrent que les personnes ayant une infection VIH récemment découverte ont eu l’occasion de voir un médecin dans les mois précédant le diagnostic . Il existe donc probablement de nombreuses opportunités manquées de dépistage du VIH. Dans les situations de dépistage ciblé, l’utilisation de test rapide d’orientation diagnostique (TROD) du VIH en médecine générale pourrait aider au dépistage de l’épidémie cachée du VIH. Une première étape à l’évaluation de cette politique de dépistage nécessite l’estimation de la prévalence  de ces situations en médecine générale.

Schéma de l’étude

Etude transversale un jour donné menée en médecine générale en Ile-de-France chez les praticiens du réseau Sentinelles.
Objectif principal  Estimer la prévalence des facteurs de risque d’acquisition du VIH et des situations cliniques amenant à rechercher une infection par le VIH chez des patients  âgés de 18 ans ou plus consultant en médecine générale en Ile-de-France.

Méthode 

Sélection et caractéristiques des investigateurs et des patients :
Chacun des 60 médecins investigateurs recrutera 20 patients vus consécutivement en consultation un jour donné.
Critères d’éligibilité et d’inclusion :
Critères d’éligibilité :
- Patients âgés de 18 ans ou plus
- Consultant en médecine générale
Critères d’inclusion :
- Patients répondant aux critères d’éligibilité
- Ayant accepté de participer à l’étude
Gestion des données :
Pour chacun des 20 patients, le médecin généraliste remplira un questionnaire anonyme.
Les données collectées concerneront :
- Les caractéristiques sociodémographiques des patients : âge, sexe, régime de protection sociale et pays de naissance ;
- Des données médicales portant sur des facteurs de risque d’infection par le VIH ou sur des situations cliniques devant amener à rechercher une infection par le VIH.
Un registre des patients éligibles non inclus sera également complété par le médecin.
L’ensemble des données transmises au réseau Sentinelles comportera des données sur le médecin généraliste enquêteur (nom, prénom, identifiant du réseau Sentinelles, suivi de patient porteurs du VIH, formation continue ou enseignement postuniversitaire sur l’infection par le VIH). Toutes les données collectées relatives aux patients et transmises au réseau Sentinelles par le médecin seront strictement anonymes.

Analyse statistique

L’analyse des données sera réalisée à l’aide du logiciel R 2.11.1 statistical package.
Une analyse descriptive des variables sera réalisée. L’estimation de la prévalence sera calculée à partir des données de l’étude.

Calendrier de l’étude  

L’inclusion se déroulera entre le 20 juin 2016 et le 30 juin 2016. Chaque médecin participera un jour donné à cette étude, et devra inclure 20 patients consécutifs vus en consultation. Les médecins retourneront les questionnaires remplis au réseau Sentinelles dès que les 20 patients seront inclus.


Documents :

Surmédicalisation : réalisation d'une Top 5 list française en médecine générale

Rationnel

La surmédicalisation est définie comme « tout soin dispensé en l’absence de bases médicales probantes ou lorsque les bénéfices ne compensent pas les risques »1-2. Multifactorielle, elle implique médecins et patients3. Son enjeu principal  est son effet délétère sur la santé des patients, exposés à l’anxiété, la douleur, l’inconfort ainsi qu’aux effets indésirables potentiels d’examens ou de traitements dont le bénéfice attendu est modeste ou nul4.

Afin d’encourager médecins et patients à discuter des services médicaux potentiellement néfastes, la campagne internationale « Choosing Wisely » (« Décider Judicieusement ») dès 2012 a proposé d’identifier  5 services médicaux (traitements, tests ou procédures)  dont les taux de prescription doivent être réduits de façon prioritaire dans la lutte contre la surmédicalisation5 (« Top 5 list »). Les services identifiés constitueront une cible privilégiée d’action de sensibilisation6. Actuellement, 12 pays ont réalisé ce type de listes6, dont cinq en médecine générale7-11. A notre connaissance, toutes les listes ont été établies par des professionnels de santé, sans participation des patients. Toutes les listes sont différentes, reflétant les particularités de chaque pays.

Objectifs

Objectif principal

identifier cinq services médicaux dont les taux de prescription doivent être réduits de façon prioritaire en médecine générale en France, dans la lutte contre la surmédicalisation.

 Objectifs secondaires

identifier cinq services médicaux relevant de la surmédicalisation, issus de l’opinion de patients

analyser les concordances et discordances entre la liste établie par les médecins et celle établie par les patients

Type d’étude

Etablissement d’un consensus par la méthode Delphi12

Population

40 médecins généralistes (MG) :

- 30 issus du réseau Sentinelles (sentiweb.fr)

- 10 ayant une activité universitaire en France, sélectionnés pour leur expertise en épidémiologie et/ou sur le sujet de la surmédicalisation

Patients : internautes issus de la cohorte Grippenet ayant consulté au moins une fois un médecin généraliste dans les 12 mois précédents. Ils n’interviendront qu’à l’étape 5, lorsque 15 services prioritaires auront été identifiés par les MG et les synthèses de la littérature réalisées.

Déroulement

Recueil des données

Les données seront recueillies sur un site internet spécialement développé pour cette étude.

Références

1. Institute of Medicine. Crossing the quality chasm: a new health system for the 21st century. 2001.

2. Morgan DJ, Brownlee S, Leppin AL, Kressin N, Dhruva SS, Levin L, et al. Setting a research agenda for medical overuse. BMJ (Clinical research ed). 2015;351:h4534. PubMed PMID: 26306661. Pubmed Central PMCID: PMC4563792. Epub 2015/08/27. eng.

3. Hanslik T, Flahault A. [Overmedicalization: When too much medicine harms]. La Revue de medecine interne / fondee  par la Societe nationale francaise de medecine interne. 2016 Mar;37(3):201-5. PubMed PMID: 26586148. Epub 2015/11/21. La surmedicalisation: quand trop de medecine nuit a la sante. fre.

4. Sirovich BE, Gottlieb DJ, Welch HG, Fisher ES. Regional variations in health care intensity and physician perceptions of quality of care. Annals of internal medicine. 2006 May 2;144(9):641-9. PubMed PMID: 16670133. Epub 2006/05/04. eng.

5. Brody H. Medicine's ethical responsibility for health care reform--the Top Five list. The New England journal of medicine. 2010 Jan 28;362(4):283-5. PubMed PMID: 20032315. Epub 2009/12/25. eng.

6. Bhatia RS, Levinson W, Shortt S, Pendrith C, Fric-Shamji E, Kallewaard M, et al. Measuring the effect of Choosing Wisely: an integrated framework to assess campaign impact on low-value care. BMJ quality & safety. 2015 Aug;24(8):523-31. PubMed PMID: 26092165. Epub 2015/06/21. eng.

7. Choosing Wisely Canada. . Available from: http://www.choosingwiselycanada.org/recommendations/family-medicine/ . Accessed september 9, 2015.

8. Choosing wisely Australia. Available from: http://www.choosingwisely.org.au/recommendations/racgp. Accessed on September 23, 2015.

9. Pratiche a rischio di inappropriatezza in Italia. www.slowmedicine.it/pdf/Pratiche/scheda%20SIMG.pdf Accessed on: 2015 Dec 9.

10. The "top 5" lists in primary care: meeting the responsibility of professionalism. Archives of internal medicine. 2011 Aug 8;171(15):1385-90. PubMed PMID: 21606090. Epub 2011/05/25. eng.

11. Selby K, al. «Smarter Medicine»: 5 interventions à éviter en médecine interne générale ambulatoire. Bulletin des médecins suisses. 2014 2014;95(20):769-70.

12. Jones J, Hunter D. Consensus methods for medical and health services research. BMJ (Clinical research ed). 1995 Aug 5;311(7001):376-80. PubMed PMID: 7640549. Pubmed Central PMCID: PMC2550437. Epub 1995/08/05. eng.